Combien de planètes dans le Système solaire ? Huit, et voici pourquoi
Beaucoup d’adultes ont appris qu’il y avait neuf planètes, et leurs enfants leur répondent qu’il n’y en a que huit. Les deux générations ont raison, chacune à son époque : la liste a changé en 2006, sans qu’aucun astre ne disparaisse du ciel. Ce qui a changé, c’est la définition même du mot « planète ». Voici combien le Système solaire en compte aujourd’hui, les critères qu’un astre doit remplir pour mériter ce titre, et pourquoi la liste n’a jamais cessé d’évoluer depuis l’Antiquité.
Huit planètes, en deux familles
Du Soleil vers l’extérieur, les huit planètes sont Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Les quatre premières sont des planètes rocheuses, compactes, à la surface solide. Les quatre suivantes sont des géantes, bien plus volumineuses, faites surtout de gaz et de glaces, sans surface sur laquelle se poser.
La Lune n’entre pas dans le compte : elle ne tourne pas autour du Soleil pour son propre compte mais autour de la Terre, c’est un satellite. Sa proximité, que l’on mesure au centimètre près pour connaître la distance Terre-Lune, en fait l’astre le plus facile à observer, mais pas une planète.
Ce qu’il faut pour être une planète
Le mot vient du grec et signifie « vagabond ». Pour les astronomes antiques, une planète était un point lumineux qui se déplaçait lentement parmi les étoiles fixes, nuit après nuit. Les mêmes savants grecs qui avaient découvert que la Terre est ronde en connaissaient cinq, visibles à l’œil nu : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.
Cette définition a tenu jusqu’en 2006. Cette année-là, à Prague, l’Union astronomique internationale (UAI), l’organisme chargé de nommer les corps célestes, adopte pour la première fois une définition formelle. Selon la page de l’UAI consacrée à Pluton et au Système solaire, une planète est un corps céleste qui remplit trois conditions :
- il tourne autour du Soleil ;
- il est assez massif pour que sa propre gravité lui donne une forme à peu près ronde ;
- il a « fait le ménage » au voisinage de son orbite, c’est-à-dire qu’il y domine gravitationnellement et n’y partage pas sa route avec d’autres corps de taille comparable.
C’est le troisième critère qui a tout changé.
Pluton et les planètes naines
Pluton a été découverte en 1930 par un jeune assistant de l’observatoire Lowell, aux États-Unis, Clyde Tombaugh, en comparant des plaques photographiques de la même région du ciel prises à des dates différentes. Elle a été comptée comme neuvième planète pendant trois quarts de siècle. Mais l’UAI rappelle qu’elle est trente fois moins massive que Mercure, la plus petite des planètes.
Surtout, à partir de 1992, les astronomes découvrent au-delà de Neptune toute une population de petits mondes glacés, la ceinture de Kuiper ; on en connaît aujourd’hui plus d’un millier. En 2003, l’un d’eux, baptisé plus tard Éris, se révèle plus massif que Pluton. Il fallait soit ajouter des planètes à la liste à chaque nouvelle découverte, soit trancher. L’UAI a tranché : Pluton, qui partage sa région avec une foule d’objets semblables, ne remplit pas le troisième critère.
Elle devient une planète naine : un astre qui tourne autour du Soleil et qui est assez massif pour être rond, mais qui n’a pas fait le ménage sur son orbite. La NASA indique que l’UAI en reconnaît cinq à ce jour : Cérès, Pluton, Hauméa, Makémaké et Éris. Il en existe probablement bien d’autres, qui attendent des mesures assez précises pour être classées.
Une liste qui n’a jamais été figée
La querelle de 2006 n’était pas la première. Le 13 mars 1781, William Herschel découvre Uranus au télescope : c’est la première planète découverte depuis l’Antiquité. Le 1er janvier 1801, l’astronome italien Giuseppe Piazzi repère Cérès entre Mars et Jupiter, d’abord saluée comme une nouvelle planète, avant que la découverte d’autres corps semblables sur des orbites voisines ne la fasse ranger parmi les astéroïdes. Elle est aujourd’hui, elle aussi, une planète naine.
Neptune, enfin, a été trouvée par le calcul avant de l’être au télescope. Les irrégularités du mouvement d’Uranus suggéraient qu’un astre inconnu la perturbait. Le Français Urbain Le Verrier calcule sa position et écrit le 18 septembre 1846 à Johann Galle, de l’observatoire de Berlin, pour lui demander de pointer son instrument à l’endroit prédit. La planète est au rendez-vous, comme le raconte la biographie de Le Verrier de l’université de St Andrews.
Chaque planète a sa personnalité, jusque dans ses couleurs : le ciel de Mars, chargé de poussière, est orangé en plein jour, à l’inverse du nôtre : la diffusion de la lumière qui explique pourquoi le ciel est bleu sur Terre s’y joue sur de fines poussières plutôt que sur des molécules. Pour retenir les huit planètes dans l’ordre, les écoliers français ont une phrase toute faite : « Me Voici Toute Mouillée, J’ai Suivi Un Nuage ». Et si l’on vous parle encore de neuf planètes, ne corrigez pas trop vite : dites plutôt que Pluton n’a pas changé, c’est notre définition qui est devenue plus précise.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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